Le spectacle
HANSEL ET GRETEL
Mise en scène, conception et avec : Jean-Benoit Ugeux et Anne-Cécile Vandalem
Régie générale et vidéo : Pierre Kissling
Développement vidéo : Yacine Sebti
Création lumières : Pierre Willems
Décors et accessoires : Séverine Closset
Une création de la Compagnie Résidence Catherine en coproduction avec Le Théâtre de la Place/Liège. Avec l’aide de la Communauté française – Service du Théâtre. Avec le soutien de l’AJC

Dates et lieux de représentation
8 novembre 2006  |  21h  |  La comète
9 novembre 2006  |  21h  |  La comète
10 novembre 2006  |  21h  |  La comète
11 novembre 2006  |  21h  |  La comète
12 novembre 2006  |  17h30  |  La comète
14 novembre 2006  |  21h  |  La comète
15 novembre 2006  |  21h  |  La comète
16 novembre 2006  |  21h  |  La comète
17 novembre 2006  |  21h  |  La comète
18 novembre 2006  |  21h  |  La comète

UNE FABLE SUCREE AMERE Une journée de mariage traditionnelle, avec échange des anneaux, marche nuptiale de Mendelssohn, apéritif au jardin, et table dressée dans les règles de l’art. Une réunion familiale avec ses joies et ses heurts, ses conversations badines, ses règlements de comptes, et ses placards remplis de souvenirs

Il fait trop chaud ou trop froid... C’est selon.
Et bientôt, ce qui devait être une grande réjouissance se transforme en un champ de bataille où les vraies victimes ne sont pas celles que l’on pensait. Allez savoir pourquoi.
A deux, mais entourés de téléviseurs qui figurent autant de convives, les auteurs-acteurs
explorent les possibles d’une situation aux multiples rebondissements. Dans une mise en scène originale, cette pièce aborde, non sans une certaine dérision, l’ambiguïté et la difficulté des relations et le rapport des individus à la loi morale … Et là, où les deux créateurs excellent, c’est dans la description de comportements qui, aussi dérisoires puissent-ils paraître, nous renvoient à notre propre image. Vous reconnaîtrez-vous ? Et… le reconnaîtrez-vous ?

 

JEAN-BENOIT UGEUX ET ANNE-CECILE VANDALEM
Anne-Cécile et Jean-Benoît se sont rencontrés au Conservatoire de Liège. De cette rencontre (et de leur ras-le-bol partagé du théâtre classique et du théâtre « à barbe et à moustaches ») est né le désir de pousser plus en avant leur collaboration.
Ce désir se concrétisa par la mise en branle de petites formes multidisciplinaires (sons, images, écriture…) présentées à diverses occasions dans des lieux liégeois. Et ces formes de susciter l’intérêt d’une mise-en-scène plus complète. Ils créent alors la Compagnie Résidence Catherine.
En novembre 2003, avec le soutien du théâtre Victoria (Gand), la création Zaï Zaï Zaï Zaï voit le jour. Suite à une série de représentations en terre Gantoise, la pièce est reprise au Limelight (Courtrai), au Théâtre 140 (Bruxelles), et à l’Eden (Charleroi) avec succès. La presse et le public leur réservent un accueil plus que chaleureux.
Hansel et Gretel est le deuxième projet de la compagnie.
Celui-ci s’inscrit dans la lignée d’un théâtre qui s’interroge sur les prises de pouvoirs à l’intérieur d’une micro-cellule sociale et sur les mécanismes qui amènent des individus à l’isolement.
Dans le futur, la compagnie s’ouvrira plus que probablement à d’autres acteurs et écrivains afin de balayer un spectre plus large et de trouver d’autres manières de « raconter ».

 

PEUT-ON ÉCHAPPER A LA MORALE ?
« Un couple “monstrueux”, juste offert au regard d’un spectateur qui pressent – et peut-être même attend – le drame. La transgression fondamentale du couple, l’inceste, a commencé comme un enfantillage. La marque de l’innocence à l’origine du drame nous interdit d’en faire des “freaks”. Ainsi reste le jeu, l’innocence, l’amour putatif qui les unit. En plaçant deux personnages dans une position où ils pourraient être heureux et où ils ne saisissent pas ce bonheur, nous n’avons ni désir de morale ni conclusion.
Nous sommes acteurs et non philosophes et cherchons – à travers des actes donc - à placer des personnages dans des situations dramatiques sans les juger, les condamner, les déprécier.
C’est ce qui nous permet de les défendre : l’entière humanité que nous cherchons à leur donner à travers nos histoires, nos textes et nos écritures.
C’est cette humanité qui est la pierre d’achoppement de notre travail. Sans ce postulat, nous en ferions des bouffons, des métaphores ou des victimes. Et cette position-là, par rapport à notre théâtre, nous mènerait droit au mur.
S’il n’y a pas chez Hansel et Gretel conscience de la transgression, celle-ci, pourtant, est bien réelle. Ce n’est donc pas une simple histoire de morale, d’un extérieur étranger, glaçant et impersonnel, face à un intérieur humain et amoureux.
Comme un amputé sent le membre qui lui manque, Hansel et Gretel sentent le monde extérieur duquel ils se sont coupés. Ils sont comme hantés de ce monde qui leur manque dans le mouvement même qui les a poussés à se retrancher de lui.
Dès lors, ils n’y échapperont pas. A quoi ? A soi ? A la société ? A la loi, morale ou divine ? Peu importe, là commence le domaine du philosophe. L’enjeu n’est pas celui-là. C’est donc un drame, qui se joue dans les règles, par rapport auquel le rêve d’autarcie, la possibilité d’une enfance infinie, la fuite en dehors de tout ce qui nous tient (soi, la société, Dieu) se fracassent irrémédiablement sur ce qui est réfuté. (…)
Nous savons pertinemment, nous qui écrivons ce spectacle, qu’ils n’en sortiront pas indemnes et qu’ils vont droit au mur. Certes. Et la morale et les conseils risquant de leur être d’une bien piètre utilité - et surtout d’un pompeux et d’un prétentieux à faire bailler aux corneilles - la seule chose que nous pouvons faire est de leur donner notre attention, notre intérêt et notre amour. Que faire d’autre ? »

Jean-Benoît Ugeux et Anne-Cécile Vandalem



« Suite à notre première création « Zaï Zaï Zaï Zaï », nous continuons à travailler sur des axes narratifs traitant de l’exclusion sociale, de l’enfermement semi-volontaire et de l’ambiguïté des rapports privés.
Avec la cellule familiale comme métaphore de la société.
Cette pièce est le second volet d’une série dont
nous ne savons le nombre d’épisodes à ce jour… »
Jean-Benoît Ugeux et Anne-Cécile Vandalem



DEUX QUESTIONS A JEAN-BENOÎT ET ANNE-CECILE


- Pourquoi avoir choisi les personnages d’Hansel et Gretel ?
Hansel et Gretel, c’est avant tout l’histoire de la maison interdite, la maison en sucre dont on ne peut pas s’approcher. Qu’ils y aient goûté ou non n’est pas l’important, ce qui nous intéresse est qu’ils se retrouvent des années plus tard, après avoir été séparés et qu’ils décident de se marier et de célébrer leurs noces. Le spectacle suit vraiment le déroulement – type d’une journée de mariage. Nous avons concentré les évènements sur deux moments cruciaux, le porto et le repas de noce, les moments où les époux sont confrontés aux invités. Dans notre spectacle, ils sont là pour faire foirer la fête. C’est ça le sujet qui nous intéresse : comment la morale vient rendre malheureux les gens qui ont tout pour être heureux. Même les individus qui sont seuls recréent les règles de la société qui les a expulsés. C’est un sujet qui nous passionne.


- La télévision joue un rôle important dans ce spectacle ?
Techniquement, nous jouons en effet avec des téléviseurs, mais en pratique ça aurait pu être des petits castelets avec des marionnettes. C’est juste une mécanique qui permet de faire intervenir plus de personnages que les acteurs présents sur scène, pas vraiment un discours sur le rôle de la télévision aujourd’hui. On utilise juste les téléviseurs comme outils.